OEUVRES MUSICALES
LE PITRE
Album sorti en 1983
Album sorti en 1990
L'ENFANT-MOUCHES
Album sorti en 1995
CHANSONS
MÉTROGÉNIQUES
Album sorti en 1999
Après mon passage à Bobino
avec Jean Corti à l'accordéon
Darzie au piano
Michel Hervé à la basse
12euros frais de port inclus
PROCHAIN ALBUM
COMA IDYLLIQUE ?
Ce jour-là, il régnait dans l’appartement une atmosphère indescriptible. Mon père, valises sous les yeux et dans les mains, courait dans tous les sens. D’une étrange boîte, une voix encore plus grave que la sienne répétait avec solennité cette phrase : « Je vous ai compris ! Je vous ai compris ! » Ben moi, j’y entravais que dalle ! Le temps que je cherche à résoudre cette énigme, nous nous retrouvions toute la smala et moi dans cette maison roulante, celle-là même qui m’avait hébergé mais surtout fait gerber auparavant. Je la reconnaissais aux bruits qu’elle proférait. Brigitte, ma voleuse de vedette et Patricia ma souffre-douleur, paraissaient fort bien s’accommoder de ce déménagement soudain. Purée ! Leurs gloussements c’était démentiel ! J’avais énormément de mal à les supporter. D’habitude, leurs rires grotesques possédaient le chic pour me sortir du silence dans lequel je révolutionnais mon devenir.
Mais cette fois-là, j’en fis totalement abstraction, concentrant tout mon esprit sur les grands « Haa ! » qui s’infiltraient par les fenêtres, légèrement entrouvertes. De temps à autre, un son patibulaire se faisait clairement entendre sur le toit de notre demeure mouvante. Chacun d’entre eux était ponctué par la voix caverneuse de mon père. « Ah les salauds ! » aspergeait-il, inlassablement. Moi, tout ce brouhaha m’amusait follement. Quant à ma mère, du bas de mon berceau, je la trouvais plus pâlotte qu’à l'accoutumée. Un grand boum dans le ciel ensoleillé me mit au garde-à-vous. Comme une zigounette appelée au service sexuel, je m’étais redressé prestement. Ces quelques secondes où je fus debout, sans aucune aide extérieure, je m’en souviens que trop bien puisque après coup, je valdinguai la tête la première sur le genou droit de mon père. À ma grande stupéfaction, le ciel se revêtit de sa robe de nuit qui, s’agrémentant d’une myriade d’étoiles, m’obligea à m’endormir sur-le-champ.
À mon réveil, nous n’étions plus dans la maison roulante mais visiblement dans une autre, où pas un seul grand « Haa ! » ne vint interpeller mes oreilles. Mais qu’est-ce qui avait comme monde ! Et ça tchatchait avec un de ces putains d’accents que, même la bosse qui, à peine éclose, avait envahi mon front semblait l’écouter avec la plus vive attention ! Ma famille se désintéressait complètement de moi et de cette excroissance qui squattait mon front, apparemment bien trop occupée à lorgner par ces fenêtres rondes où l’on n’y voyait que…du bleu ! Quel intérêt pouvait-elle avoir à scruter ainsi le ciel ? Voulant percer cette nouvelle énigme, ce sont mes oreilles qui le furent ! Aïe ! Aïe ! Aïe ! J’en prenais plein les tympans ! A posteriori, je n’étais pas la seule victime de ce fléau. Du coup, j’avais moins mal. Ce qui m’amenait à penser, que plus on était nombreux à souffrir, plus la douleur s’atténuait. Ma souffrance persistant, j’en arrivais à souhaiter que tout le monde soit touché. Sentiment contestable et détestable ? Sans aucun doute, mais sentiment tout de même humain, non ?
Le ronronnement de cette maison dont je ne voyais pas le bout diminua. Le voyage, semble-t-il, prenait fin et moi dans tout ça, j’avais chopé la crève. Trois atchoums bien glaireux co-signèrent ce constat. Un bon mètre de papier toilette fut nécessaire pour endiguer l’hémorragie nasale. Pour ce genre de travaux délicats, ma mère n’utilisait point de mouchoir. Economique et pratique le papier cul ! Atout majeur dans la vie d’un couple moderne ou classique, non ? Un léger choc suivit d’une décélération et l’incommensurable demeure s’arrêta. À nouveau, nous changions de domicile. Je ne regrettais pas de la quitter cette maison qui faisait mal aux oreilles.
Nous débarquions dans un endroit où le ciel faisait plutôt grise mine ! C’était bien la première fois que mes yeux se retrouvaient dans ce cas de figure ! Sans crier gare, les cieux transpirèrent à grosses gouttes. De mon berceau transformé en baignoire, je pus goûter et contempler ce spectacle oh ! combien émouvant. Trempé, à la limite de la noyade, moi je nageais dans le bonheur ! Chaque coup de semonce que les cieux éructaient, était harmonieusement suivi par la voix toujours aussi caverneuse de mon père : « Saloperie de temps ! » scandait-t-il.
Purée ! Quelle journée j’avais vécu ! Après toutes ces émotions, un bon gros dodo s’imposait. Où étions-nous ? À dernière ouïe, plus au pays des grands « Haa ! »
OEUVRES LITTÉRAIRES

DU MOI JE À L'EAU DE LA...
Recueil de poèmes paru aux éditions caractères en 1983.

AH ! CES NUITS BLANCHES
QUE L'ON PEINT EN VERS...
Recueil de poèmes paru aux éditions Amadeus en 1986.

POÈMES MÉTROGÉNIQUES
Recueil de poèmes paru aux éditions Amadeus en 1997.
8 euros frais de port inclus.

LE TEMPS DES NASELIÈRES
Recueil de six nouvelles paru aux éditions Amadeus en 2007.
12 euros frais de port inclus.
PARUTIONS À VENIR:
COMA IDYLLIQUE ?
Recueil de poèmes et de chansons
ELSA
Roman
ORPHÉLON
Récit fantastique
MA RÉINSERTION TERRESTRE
Roman autobigraphique
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