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Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 07:43

 

Il est dangereux de trop faire voir à l’homme combien il est égal aux bêtes, sans lui montrer sa grandeur. Il est encore dangereux de lui trop faire voir sa grandeur, sans sa bassesse. Il est encore plus dangereux de lui laisser ignorer l’un et l’autre. Mais il est très avantageux de lui représenter l’un et l’autre.

Blaise Pascal.

 

 

 

« Merde ! J’y crois pas, je bande ! » lâchai-je à Caroline qui, sagement assise à mes côtés sur un quai de l’île Saint Louis, écarquilla ses grands yeux noirs et les braqua sans pudeur vers l’objet de mon étonnement.

Voilà c’est fait, le décor est bel et bien planté. Ainsi, dans cet ouvrage en forme de confession, je tape d’entrée dans le vif du sujet. Ma foi, je n’aurais donc pas à tomber dans la vulgarité ! Ainsi, je fais la nique à ma déontologie d’écrivain. Moi, qui, dans mes écrits, at toujours abordé le thème de la sexualité avec une orgie de métaphores, si propres à semer la confusion dans des têtes autres que blondes qu’elles prêtent volontiers à débat, voilà que je m’abandonne à la crudité !

Fichtre ! C’est qu’à force de me farcir l’esprit de lectures touchant à la philosophie, l’ésotérisme et à la psychanalyse, d’une, je pensais m’être détourné des choses extérieures qui, mettant l’homme dans tous ses états, expédient ses pensées plus basses que terre, et de deux, en avoir bien fini avec mon animalité. Bref, depuis bientôt cinq ans, mon sexe, si prompt à n’en faire qu’à son gland, hormis ses épanchements naturels et ses irrépressibles bandaisons matinales, n’en menait pas large ! Pour tout dire, il ne prenait plus franchement la tête à mon âme. Mais en fait, comme la plupart de ces intellectuels que j’ai maintes fois éreintés dans mes écrits, je vivais dans le déni de bestialité. Mais comment moi, qui souffre d’un sentimentalisme allant bien au-delà du ridicule et qui devient tout bonnement la risée des hommes, voire de certaines femmes, quand je leur débite mes rêveries amoureuses, ai-je pu tenir de tels propos cet après-midi du lundi 27 septembre 2010 ? Et surtout, comment ai-je pu les coucher ainsi, à l’état brut, dès l’attaque de la première page ? Certes, les paroles, balancées par Caroline juste auparavant, ne pouvaient que m’encourager à commettre cette bavure de langage. Ne suis-je pas qu’un humain ? Mais combien de lecteurs, catholiques ou non, n’allant pas plus loin dans ce récit, me jetteront la pierre, qu’écris-je ? Un roc ! Et combien, en fin de compte, se seraient, ralliés à ma cause, si j’avais formulé tout autrement ce, qu’à ce moment fatidique, mon corps me fit ressentir ? Comme par exemple, en le relatant de cette manière : « Oh ! Caroline, il m’arrive une chose extraordinaire, mais que ma pudeur m’interdit de te dévoiler ! » Et, aux seuls lecteurs, j’aurais confié ceci : À cet instant-là, mon slibard fut la proie subite de mouvements de non repli. Par tous les diables ! Son impénétrable squatteur qui, jusqu’à lors, filait plus ou moins droit, avait, en quelque sorte, durci ses propos !

À ma réaction épidermique, je ne vois que cette raison plausible : mon cher et lancinant passé ! Là, réside une pléthore de faits plus ou moins risibles, mais susceptibles de justifier mon inqualifiable écart de conduite littéraire. À cet effet, je dispose de deux atouts primordiaux : la Chronique de mon exil à deux pas de Paname, rédigée avec grand soin et celle, fort bâclée, mais toujours en cours, de mon come-back parisien. Ainsi, je vous délivre (hormis celles des périodes que j’ai déjà évoquées dans « Quelques jours dans la vie d’une suicidaire » et « Le portrait en fond d’écran ») tous les passages où des représentantes de la gent féminine donnèrent un grain de folie à moudre à ma libido qui, depuis le 25 décembre 2005, en était réduite à ne broyer que du noir !

Mais avant ce voyage dans le passé, je ne dois point passer sous silence le titre que j’ai failli donner à cet ouvrage. Afin qu’il soit plus, si je puis dire, en  harmonie  avec son entame, si ma pudibonderie ne s’en était pas mêlée, je n’aurais pas trouvé mieux que : Chronique d’une bandaison inéluctable.

Publié dans : RÉCIT
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