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CHANSON POUR SOURIRE

Mercredi 22 novembre 2006

 


Autrefois quand j'étais bout d' chou

Ce que j’aimais par-dessus tout,

Bien plus encore qu’ la p’ tite souris,

C’était l’ moment d’ la « vache qui rit » !

Ah ! Ce triangle fait de lolo

Me rendait doux comme un agneau !

D’ailleurs, ma mère qu’était pas dupe,

Tenait en joug tous mes « slurp-slurp » !


À chacune de mes vacheries,

Elle me sevrait de "vache qui rit"

Et j’avais beau lui réclamer,

En guise de troc, ce martinet,

Qui, soumis aux jeunes dévoyés,

Faisait fureur dans les foyers,

C’était râpé…la peau de vache

Se détournait d’ mon œil bravache !


Adolescent, un autre triangle

Me perturba sous tous les angles…

Et n’en déplaise aux âmes prudes

Ce n’était pas c’ lui des Bermudes !

Cette figure géométrique

Qui, pardonnez, donne la trique

À la majorité des gus,

Mit en branle mon prépuce !


Mais en plein cœur d’ l’adolescence,

La vie planta ses fers de lance,

Faits de mensonges et d’exactions,

Dans mon espoir en érection !

J’étais entré dans cette vie

Qui, jeune merdeux, nous fait envie,

Tant son miroir aux alouettes,

Grossit, à vue d’œil, nos piécettes !


Vinrent les années de vaches maigres

Qui, nourrissant mes violons d'Ingres,

La musique et la poésie,

Semblaient me frapper d’hérésie !

La plus grande partie des hommes,

S’avachissant sur ses dogmes,

Jalouse d’ mon talent en herbe,

Ruminait des mots acerbes !


Mais le comble de mon histoire

Ce ferait d 'moi un poète notoire

Ne serait-ce point, qu’un de ces quatre,

Ah ! Quel joli coup de théâtre !

La maladie de la vache folle,

Celle-là même, dont la presse raffole,

Passe enfin ses nerfs sur celui

Qui aimait tant la « vache qui rit ! »


 

Par G.G LE TRUBLION DE LA POESIE
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Mercredi 13 décembre 2006

 



C’était au temps d’ la préhistoire

Dans un village sans trottoir,

Deux cros-magnons, bien mal rasés,

Promenaient leur toutou racé.

Vêtus de peaux dévalisées

Le matin même aux crocodiles

Il pavanaient dans la cité

En espérant une douce idylle.


Vint à passer une Cro-Magnon

Qui, n’ tenait plus dans sa fourrure.

Dégoupillant la fermeture,

Elle fit valoir son paillasson !

Balbutiants comme des phoques,

Les mâles se mirent la main au froc

Et dans un bras de fer poignant,

Ils comparèrent leur instrument !


C’était l’égalité parfaite !

Du jamais vu dans ce village !

Les deux compères, encore en nage,

Prirent très mal ce casse-tête…

Qu’une femelle soit prise à deux,

En ce temps-là, c’était tabou !

La convoitise les mit à bout

Et l’amitié s’ cassa en deux !


Il s’ensuivit une baston

Qui semblait plaire à la manon.

C’était parti pour bien durer,

Mais l' plus gros, cet encatané,

Sur un misérable uppercut,

Coucha son compagnon de rut…

Et la femelle, pleine de rancœur,

Tomba sous les « coups » du vainqueur


Qui, chevauchant sa croupe en peine,

Lui ordonna de filer doux

Alors qu’ le vaincu, à genoux,

Se remettait de ses étrennes !

Il soutenait avec ses mains

Son inconsolable tarin

Qui, en devenant énorme,

Ne rentrait plus dans les normes!


Il s’en alla vers sa tribu

Qui, à la vue, d’ son appendice,

Le mit illico au rebut

En le mitraillant d’immondices.

Seul et méprisé par les siens

Pour lui la vie n’était plus rien !

Il courut servir d’apéro

Aux reptiles qu’il avait spolié !


Oui ce fut le premier nez gros

De toute notre humanité !


Par G.G LE TRUBLION DE LA POESIE
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Mercredi 20 décembre 2006

 

C'est une histoire qui a une queue

Que je clam’ rais bien, à mon aise,

Mais j’en vois déjà qui paniquent

Et qui bandent leurs portugaises !

Dans mon quartier, y’ avait un sexe,

Qui, faisant fi de nos complexes,

Flânait de boutiques en boutiques,

À la recherche d’un slip chic !


Malgré ses bourses rondelettes

Il n’inspirait pas très confiance.

Les patrons, de nature carpette,

Le regardaient avec défiance !

N’étant pas du genre baba cool,

Le sexe, en eut mal à ses boules,

De poser une muselière

Sur son bout, rouge de colère !


Sous un climat, digne d’une morgue,

C’ n’était pas l’ froid, son pire enn’mi…

Mais plutôt, ces mauvaises langues

Qui bavaient sans arrêt sur lui !

Tout le monde avait en mémoire

Cette désopilante histoire

Où, à la tombée de la nuit,

Il mit la honte à une mamie !


Passant devant le bijoutier,

Où elle terminait son marché,

Il s’arrêta, sortit son gland

Et fit un lèche-vitrines cinglant !

La mémé matant ce gros bout

Où, pendouillaient deux beaux bijoux,

À la place de sa gourmette

Hé hé ! demanda une quéquette !


Troublé, le pauvre bijoutier,

En laissa tomber son dentier…

Quant à la mamie, toute honteuse,

Elle s’esbigna comme une voleuse !

C’était un sexe célibataire

Qui baisouillait, d’ailleurs très mal,

Entre les gambettes, bien en chair,

De ses rencontres vaginales !


La destinée le fit mouiller

Près du femme de son acabit.

Ce jour-là, il se glandouillait

Non loin d’un magasin d’habits

Où, une certaine madame l’Oseille,

Avec ses bourses grassouillettes

Laissait se dérouler pour elle

Une compétition de courbettes.


Ayant soulagé ses bourses

Elle écarta sans retenue

Son parapluie en peau d’ours

Et s’en retourna dans la rue.

C’est là qu’elle rencontra le sexe

Qu’ les gens avaient mis à l’index !

Avec ses bourses pleines comme des outres

Ce fut pour elle le coup de foutre !


C’est une histoire qui a une tête

Que je viens de vous débiter

Mais j’en vois encore qui s’entêtent

À bander leur vie constipée !

Alors il faut que je leur crie

Que ma chanson a une morale :

Le sexe et l’oseille réunies

Ne purent engendrer que le Mal !



Par G.G LE TRUBLION DE LA POESIE
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Mardi 26 décembre 2006

                                                                    



 

 


En plein cœur du mois d’août, dans un parc arboré,

Un pommier centenaire au blason redoré

Etirait fièrement toutes ses branches en cloque

Où des oiseaux migrateurs tenaient un colloque.

Au pied du rosacée, une pomme mal en point

Se voyait détrousser de son bel embonpoint.

Deux faméliques vers, pros d’ la liposuccion,

Allaient, sans coup férir, l’avoir jusqu’au trognon !


Ainsi sous les cui-cui d’un oisillon en rogne

Dame Nature oeuvra sans le moindre état d’âme.

Cette reinette qui, jadis, avait si bonne trogne,

N’était plus qu’un trognon en proie aux sarcasmes !

Bien nichée sur sa branche, figurez-vous qu’une pomme,

Toute mignonne à croquer, mais du genre « je m’ la pète ! »,

Se moqua du paumé qui, tel une bête de somme,

Colportait à présent un bataillon d’insectes !


Fourmis, guêpes et j’en passe, donnaient à sa dépouille

Des allures de manège où, les vers en vadrouille

Jouaient à la chenille, pour la plus grande joie,

De moucherons tapant l’incruste sur leur paroi !

Avec la rage au cœur, le trognon, dont la queue

Avait su préserver toute sa dynamique,

Fit un geste indécent à cette pomme cynique

Qui, outrée, lui jeta un regard belliqueux !


Une fille de la campagne se prélassant dans l’ coin,

Pour combler une fringale, désarçonna, sans peine,

La mignonne à croquer qui en perdit haleine…

Après cette collation, elle fut prise d’un besoin.

La bru, prenant ses aises à côté du pauvre gonze,

En un frivole rictus, coula un gentil bronze…

Où la pomme, en compote, émerveilla des mouches…

Ce qu' fit dire au trognon : tu fais plus la fine bouche ?

Par G.G LE TRUBLION DE LA POESIE
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Dimanche 7 janvier 2007

 



Je me souviens de ma vie d'ange

Où, m' la coulant douce sous les nues

J'étais chargé de la vidange

Des cumulus et des nimbus.

Tout allait pour le mieux du ciel !

J' faisais la pluie, pas le beau temps !

Mais j'avais ma place au soleil

Ici-haut, tout n'était qu' printemps !


Mais un matin, dans les nuages

Où je grisais mes bonnes vieilles ailes,

Un angelot, en plein sevrage,

Me balança dans les oreilles :

Faire la pluie, n’est point louable !

Prenant c’ la avec amertume,

Je commis l’irréparable…

J’ lui avais volé dans les plumes !


Témoin de mes sauvages onctions,

Dieu l’ père, qui n’était pas aux anges,

Me releva de mes fonctions

Et convoqua sa meute d’archanges.

Dans l’hémicycle, où l’on m’ jugeait,

Pour ce démoniaque parjure,

Toutes les sentences divergeaient,

Au point que fusèrent des injures !


L’archange en chef, abasourdi

Par les propos de ses angeouailles,

En quittant l’ seuil du paradis,

Coupa la chique à la marmaille !

Alors, le maître de céans,

Dont l’auréole virait au sang,

Se redressa sur son séant

Et prononça le jugement !


J’avais de quoi être déçu !

J’ pensais qu’un séjour en Enfer,

Aux côtés de l’ange déchu,

C’était le pire qu’on pouvait m’ faire !

Mais alors là, j’ tombais des nues !

Désangenté, j’allais r’ tourner

Dans l’ ventre d’une mère inconnue,

Sur une planète qu’a mal tourné…


Histoire de corser l’addition

Dieu fit d’ moi un d’ ces artistes

Qui, d’audition en audition,

Brûlent leurs ailes sur la p’tite piste.

Comme pénitence on fait pas mieux !

Du pain noir c’est fou c’ que j’en mange !

Mais chaque nuit, scrutant les cieux,

Je me souviens de ma vie d’ange !


Par G.G LE TRUBLION DE LA POESIE
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Mardi 30 janvier 2007

 

 
Monsieur et madame Walkman

Se baladent dans le métro.

Ils n’ont que faire de ces badauds

Qui sont tendus comme des lianes !

Madame écoute Madonna

Et son conjoint, la Lambada…

Ce qui se passe autour, les laisse indifférents !


Monsieur et madame Walkman

Sont des milliers, sont des millions !

Une nouvelle race de mélomanes

Qui, aux oreilles, prêtent attention !


Monsieur et madame Walkman

N’ont que l’orteil du mélomane !

Dans leur wagon, un p’ tit manchard

Fait une aubade à sa guitare.

Entendent-ils la chansonnette

Qui désaccorde le silence ?

Mais non mais non, tout ça les laisse indifférents !


Monsieur et madame Walkman

Continuent leur bonhomme de chemin.

Dans leur dos, s’époumone, en vain,

L’appel « au secours ! » d’une femme.

Entendent-ils le terrible cri

Qui fuse dans c’ couloir ennemi ?

Mais non mais non, tout ça les laisse indifférents !


Monsieur et madame Walkman

Se retrouvent Place Stalingrad,

Où éclate une fusillade,

Entre deux clans de kleptomanes.

Entendent-ils ces balles perdues

Qu’ils ont mortellement reçues ?

Mais non mais non, tout ça les laisse indifférents !


Par grausi
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Mercredi 7 février 2007



Au fond d'un aquarium où régnait le chaos

Un carassin doré battait de la nageoire.

Très mal dans ses écailles, il gobait son pain noir

En songeant à ses proches à tout jamais K.O !

Deux heures auparavant tout macérait dans l'huile.

Le maître de maison, coincé pour la bonne cause,

Faisait grincer le lit en prenant de ces poses

Que les borgnes d'esprit ne voient qu' d'un œil hostile !


Le tremblement de corps qui générait des vagues

Dans l'aquarium branlant fit v' nir l'eau à la bouche

D'une femelle en froidure, du genre sainte-nitouche!

Ses yeux se faisant chatte incitèrent à la drague.

Un à un tous ces mâles qu'elle ne pouvait gober

Glougloutèrent à l'envi sur sa robe d'écailles !

Il lui fallait choisir lequel de ces poiscailles

La déboutonnerait sans l'once d'un quolibet !


À peine eut-elle le temps de fondre sur l'élu

Qu'un avis de tempête gela son coup d' folie !

C'était la légitime de notre grinceur de lit

Qui, v' nant à l'improviste, crut avoir la berlue !

Son homme, se décoinçant de la zone d'adultère,

Bafouilla deux trois mots à l'extra refroidie...

Quant à sa concubine, elle revint vite sur terre !


Fonçant sur l'aquarium, où la poiscaillerie

Excitée par la chose faisait du lèche-vitrines,

Elle l'arracha du socle et ses mains libertines

Lui firent rendre gorge sur les amants marris !

Quand elle vida les lieux, plutôt que de scalper

La voix qui l'engueulait comme du poisson pourri

Le cocufieur, en proie à des larmes nourries,

Se porta au secours de l'unique rescapé...


Par grausi
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Jeudi 8 février 2007



La mamie du père éternel

En pleine crise existentielle

Voulut s'occuper, pauvre mère,

De ce gros bébé qu'est la Terre.

Voyant la couche "William purin"

Qui enveloppait le bambin

Elle s'exclama presque étonnée :

"Oh ! le gros caca qu'il m'a fait !"


Abonné aux cacas immondes

Il empestait tant l'atmosphère

Qu'il en faisait rougir de honte

Son vieux tuteur, l'astre solaire.

Et la lune, sa petite sœur,

Que l'on sait pleine de pudeur

Cachant son beau visage nu

De colère, lui montrait son cul !


La mémère toute retournée

Devant cette immorale couche

Offrit une pince à son nez

Et pourchassa en vain les mouches

Qui, plongeant la gueule la première

Dans l'indécrottable matière,

Prenaient un satané plaisir

À sniffer jusqu'à défaillir !


Pour elle, c'était pire que l'enfer !

Il restait le plus dur à faire

En changeant la couche marron

Par une autre rose bonbon !

À peine avait-elle commencé

Sa tâche oh combien ingrate

Qu'un bien abominable bée !

Surgit de la merdique pâte !


"Mais quel est ce bée que j'entends ?

S'écria-t-elle vraiment surprise.

Serais-je comme la Jeanne d'antan

Qui fut par le feu conquise ?"

"Non, non Madame ! Vous vous trompez...

Nous sommes les habitants d'ici

Où nous avons fait notre nid

Et nous aimerions être en paix !"


"Quoi ? Au milieu de ce merdier !

Clama la mémère ravivée.

Est-ce donc ainsi que vous vivez

Emmerdés de la tête aux pieds ?"

"Nous, on est bien dans le caca !

Alors de nous, ne faites pas cas !

allez plutôt faire la morale

À votre rejeton éternel !"


Et la mémère toute ébahie

Par ces propos bien disgracieux

Crapahuta vers son taxi

Qui fila tout droit dans les cieux.

Se complaisant dans leur merdier

Les moutons à l'haleine corsée

Furent ma foi très satisfaits

De voir déguerpir la mémé !



Par grausi
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Vendredi 16 février 2007



Il était une fois un gaz

Qui vit le jour tout comme je jazz

Après cette guerre qu'on disait drôle

Au beau milieu des années folles !

Ce cher fréon, porté aux nues

Par des gazmen reconnus,

Avait, pour n' pas dire hygiéniques,

De grandes vertus écologiques !


Inerte et sans réaction

Dans not' bonne vieille atmosphère

Il avait de quoi satisfaire

Ceux qui le mettaient sous pression.

Le fréon, à tire-larigot,

Fut expiré dans les frigos

Dans de gentilles bombes à raser

Et dans bien d'autres produits clés !


Tranquilou les années passèrent

Sur la planète dite Terre...

Mais les adultes qui s'ennuyaient

Au jeu d' la guerre furent invités

À décharger leur droit d'ânesse...

Et les bombes à raser la vie

Comme des dames patronnesses

Prirent grand soin de leurs folies !


Après six ans la symphonie

Pasteurisée à la mitraille

Qui faisait rage dans les batailles

Avoua son manque d'harmonie !

Ce fut un sérum atomique

Qui mit fin à ce mal chronique

Et dans le livre des records

Chaque nation planqua ses morts !


Retranquilou le temps passa...

Ça gazait fort pour le fréon

Quand une petite expédition

D' chercheurs au pays du grand froid

S'aperçut saperlipopette

Que la couche d'ozone, en clair,

Avec de beaux trous dans sa couette

Jetait un chaud dans l'atmosphère !


La nouvelle eut l'effet d'une bombe

Dans l'univers scientifique !

Mister Fréon c'était un comble

À Dame Ozone faiasit la nique !

Bougre de cons, cherchez l'erreur !

Encensé par la fine fleur

De nos gazeurs d'avant la guerre

Ce vicelard s'envoie en l'air !


Après vingt bornes d'ascension

Quand il se pointe sur bobonne

Ne supportant point la pression

Il pète son chlore qui fout la zone !

Du coup, faut sauver la planète

Et les chercheurs de toutes crasses

Pour clore cette mauvaise passe

À plein gaz, se prennent la tête !


Par grausi
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Dimanche 18 février 2007



C'est un récit hors du commun

Que je m'en vais vous disserter.

Certains croiront sans hésiter

Que ma raison a déserté.

À cette époque, sans une thune,

Je guérissais mon infortune

En m'exilant au Père-Lachaise

Parmi les chats et la terre glaise.


Ce matin-là, j'étais assis

Devant la tombe de Victor Noir

Qui, même mort, avait ravi

Des blondes, des rousses et des bien noires !

Quand tout à coup devant ma poire

Se profila un drôle de nain

Qui, sautillant comme un pingouin

Était vêtu à la Renoir !


Moi qui n'était qu'un inconnu

Pour cet énergumène tout nu

Je me défis de mon manteau

Et lui posai vite sur son dos !

Visiblement ému par l'acte

Il m'enlaça avec grand tact

Et c'est ainsi que sans parler

Une amitié avait perlé !


Que m'importait son pedigree

Je l'accueillis de mon plein gré

Dans cet abri anti-méchant

Où je rêvais à tout bout d' champ !

Chaque parole qu'il prononçait

Restait pour moi une devinette...

Et chaque geste qu'il amorçait

Me rendait bien analphabète !


En ce temps-là, j'étais chanteur

À la tire dans le métro

Où j'égorgeais non sans rancœur

Ma belle voix de mégalo !

trouvant ça chouette mon compagnon

Qui me suivait dans ma moisson

Me fit saisir, que la manche

Faites par lui, serait bien mieux !


Évidemment avec monsieur

Ce fut une autre paire de manches !

Avec sa dégaine sans pareil

Les métromanes lâchaient l'oseille !

Mais il avait la sale manie

D'offrir aux visages tout gris

Un sourire absent d'ironie...

Y'avait bien trop de gens aigris !


C'est à force de leur sourire

Qu'il en est mort mon pauvre ami.

D'une crise cardiaque il est parti

En me laissant avec le pire :

Vous raconter cette folle histoire

Que vous prendrez avec ce rire

Qui manque tant à ces miroirs

Qui ont peur de se réfléchir...


Par grausi
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OEUVRES

 OEUVRES LITTÉRAIRES

 

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Recueil de poèmes paru aux éditions caractères en 1983.

AH ! CES NUITS BLANCHES

QUE L'ON PEINT EN VERS...

Recueil de poèmes paru aux éditions Amadeus en 1986.

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Recueil de poèmes paru aux éditions Amadeus en 1997.

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