Autrefois quand j'étais bout d' chou
Ce que j’aimais par-dessus tout,
Bien plus encore qu’ la p’ tite souris,
C’était l’ moment d’ la « vache qui rit » !
Ah ! Ce triangle fait de lolo
Me rendait doux comme un agneau !
D’ailleurs, ma mère qu’était pas dupe,
Tenait en joug tous mes « slurp-slurp » !
À chacune de mes vacheries,
Elle me sevrait de "vache qui rit"
Et j’avais beau lui réclamer,
En guise de troc, ce martinet,
Qui, soumis aux jeunes dévoyés,
Faisait fureur dans les foyers,
C’était râpé…la peau de vache
Se détournait d’ mon œil bravache !
Adolescent, un autre triangle
Me perturba sous tous les angles…
Et n’en déplaise aux âmes prudes
Ce n’était pas c’ lui des Bermudes !
Cette figure géométrique
Qui, pardonnez, donne la trique
À la majorité des gus,
Mit en branle mon prépuce !
Mais en plein cœur d’ l’adolescence,
La vie planta ses fers de lance,
Faits de mensonges et d’exactions,
Dans mon espoir en érection !
J’étais entré dans cette vie
Qui, jeune merdeux, nous fait envie,
Tant son miroir aux alouettes,
Grossit, à vue d’œil, nos piécettes !
Vinrent les années de vaches maigres
Qui, nourrissant mes violons d'Ingres,
La musique et la poésie,
Semblaient me frapper d’hérésie !
La plus grande partie des hommes,
S’avachissant sur ses dogmes,
Jalouse d’ mon talent en herbe,
Ruminait des mots acerbes !
Mais le comble de mon histoire
Ce ferait d 'moi un poète notoire
Ne serait-ce point, qu’un de ces quatre,
Ah ! Quel joli coup de théâtre !
La maladie de la vache folle,
Celle-là même, dont la presse raffole,
Passe enfin ses nerfs sur celui
Qui aimait tant la « vache qui rit ! »




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