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EXTRAIT DE NOUVELLE

Mercredi 27 décembre 2006

                     

Pour tout vous avouer, même en trifouillant dans les casiers poussiéreux de ma mémoire, les souvenirs d’avant ma naissance sont d’une extrême vagueur… Mais, si je m’en réfère à ce qui est écrit sur ma carte d’identité : né le 25 janvier 1960 à Alger, il est fort à parier que je fus conçu aux alentours du 25 avril 1959.

Cette nuit-là, entre deux alertes à la bombe (revoir livres d’histoire ou se renseigner auprès des  disciples d’Alain Decaux), celui qui allait devenir mon père, pour des raisons purement bestiales, avait (d’un commun accord avec ma génitrice ? Cela, j'en doute fort !) expédié dans son urne descellée quelques millions de spermatozoïdes.

Ayant, depuis ce jour, tout de même historique, appris à bien connaître mon paternel dans son intimité, j’en conclus que les ovaires de ma mère, en voyant débarquer tous ces spermatozoïdes en état d’ivresse, passèrent au rouge.

Malheureusement pour eux, ces décathloniens en grande majorité, conservateurs, étant très à cheval sur leurs traditions, mais l’alcool aidant, bien trop obnubilés par l’enjeu, passèrent outre les règles élémentaires de bonne conduite !

Arrivés au pied du col de l’utérus, ces incorrigibles fêtards s’haltèrent afin de se désaltérer le gosier, tant et si bien qu’au bout d’un certain laps de temps, il n’en resta plus qu’un, qui fût encore en état de poursuivre la course vers les sommets. Pour tous ses acolytes, la partie était bel et bien game over !

Comble de malchance, ce spermatozoïde en goguette était le plus lâche d’entre eux ! En premier lieu, les camarades de la même promotion que lui, l’encouragèrent à relever ce challenge ! Hélas ! constatant amèrement que sa trouillardise le tétanisait, ils lâchèrent, vite, l’affaire. Du coup, ses compagnons de cordée le menacèrent de lynchage ! Ainsi, contraint et forcé, le couard spermatozoïde partit à l’assaut de l’ovule qui allait engendrer ma noble personne.

La chose étant faite, mon père pouvait retourner à ses trois plus grandes passions : l’alcool, la cigarette et le jeu. Trois vices dont mon sang allait, à doses homéopathiques, hériter. Héritage dont je devais, malgré ma haine et ma résistance d’adolescent, devenir un tant soit peu, l’esclave…

Par G.G LE TRUBLION DE LA POESIE
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Lundi 1 janvier 2007

 

Là, dans sa cage coincée entre le lave-vaisselle et le frigidaire, subsistait Ben Hur, le hamster. Le pauvre animal, veuf depuis peu, était rongé par le chagrin et la vue de ce couple en fusion partielle, le rendit encore plus mélancolique. Dans l’espoir de les déstabiliser et ainsi d’attirer leur attention, il rejoignit avec empressement son centre de loisirs et fit tourner en bourrique la grande roue ! Cette débauche d’énergie fut vaine, Marcello et Joëlle ne lâchèrent pas le morceau. Ben Hur était au bout du rouleau et, eux, hermétiques à toutes sollicitations et provocations extérieures, n’en finissaient plus de se rouler des pelles ! Conscient du fiasco total de son entreprise, le hamster épuisé, s’alita à l’endroit même où sa compagne avait rendu l’âme. La chaleur générée par le couple salivant de bonheur, au grand dam d’un vis-à-vis bien en planque derrière ses rideaux, donna des vapeurs à la fenêtre de la cuisine. Marcello portait toujours des pantalons assez moulants, histoire de mettre en vedette son appareil génital qui, même en toute décontraction "avait un fort joli gabarit !", se serait écrié Pierre Foulla (un célèbre journaliste sportif) s’il était tombé sous ses yeux. 

D'un naturel plutôt long à la détente, son sexe, étrangement, s'était mis dare-dare au garde-à-vous! Faut avouer tout de même que la Joëlle, si réservée, voire timorée, bref, pas du genre entreprenante au premier abord, avait pris les choses en main. De sa paume gauche, la plus experte en la matière, elle avait palpé ferme le terrain, tant et si bien que, de moulant, le pantalon de Marcello devint archi-moulant. Le bouton, faisant office de soupape de sécurité, en paya, illico, les conséquences. Catapulté, il alla finir sa course sur la tête de Ben-Hur, le hamster qui rongeait son frein !

 

Marcello avait deux passions : le jeu et le danger. C’est en grande partie pour ces raisons qu’il considérait la femme comme le jouet le plus dangereux. Ne possédant point de lieu où crécher à temps complet, Marcello s’arrangeait toujours pour élire provisoirement domicile chez l’une de ses nombreuses conquêtes vaginales. Quand il s’avérait que l’une d’entre elles était mariée ou à la colle, "afin de l’honorer !" (il tenait cette réplique, d’un film qu’il avait récemment vu à la télé. Anthony Quinn, ce prodigieux acteur caméléon y incarnait un esquimau rancunier à mort !), il squattait le deux pièces d’un pote, steward à Air-France. Un physique pas dégueulasse, une rhétorique certes bas de gamme, mais foutrement efficace et emprunte d’une voix sensuelle, le mettaient à l’abri du chômage sexuel. Il ne savait plus où donner de la tête, et "de la queue surtout !" aimait-il fanfaronner, à qui voulait bien l’entendre. Et parfois, quand l’auditoire avait succombé à sa connerie ambulante, il rajoutait, en se déhanchant bestialement : "Avec les femmes, tout n’est sujet qu’à rebondissements !" D'ailleurs, en cette après-midi printanière, Joëlle une jeune femme avec laquelle il n'avait pu que flirter, sonnait à la porte d'Emmanuel, le steward. Marcello la fit rentrer et lui roula d'entrée une pelle qui la souleva de terre. Leurs langues, en un duel explosif, les envoyèrent bouler dans la cuisine.

Par grausi
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Mardi 2 janvier 2007

 

Dans un bazar d’une affriolante ville de province, une canadienne vivait dans l’attente. Etalée sur un poussiéreux comptoir et ne rêvant que d’abriter sous son toit un heureux prétendant, elle dépérissait d’ennui.

Cinq ans qu’elle espérait la venue de son prince charmant ! Cinq longues années que cette canadienne guettait l’avenue du magasin et fantasmait comme une malade ! Imperturbable, le temps frottait son corps contre sa peau, effaçant les traits de jeunesse qui marquaient sa silhouette. Le patron du bazar qui n’avait d’yeux que pour sa cupide caisse, ignorait tout du désarroi de la canadienne. Allait-elle vieillir ainsi, parmi la poussière ? Finirait-elle ses jours, à l’ombre amère de sa virginité ? Ô cruelles interrogations qui pénétraient, outrageusement, dans la caboche de cette malheureuse célibataire ?

Un jour, alors qu’elle n’y croyait plus, un jeune homme d’une indescriptible beauté s’approcha d’elle et lui fit de significatives avances. Avec ses mains douces comme des savons, il la caressa furtivement puis la palpa avec fermeté ! Tout cela bien entendu, sous le regard sournois du patron très intéressé par ce garçon entreprenant. Bien qu’intimidée par Jonathan, le beau gosse aux mains câlines et sauvages, la canadienne se mit à rêver violemment ! Quant au tenancier de la boutique, pile poil au bon moment, il aguicha le jeune Apollon près de la caisse, d’ailleurs, toute court-circuitée par son magnétisme fou ! Au prix d’un dialogue, au demeurant fort courtois, les deux hommes trouvèrent un terrain d’entente idéal. Ce laps de temps parut une éternité pour la canadienne qui frétillait dans sa housse ! D'un pas décidé, Jonathan rebroussa chemin vers elle et la prit dans ses bras. Oui ! Cela ne faisait plus aucun doute ! Il l'arrachait à jamais de ce bazar où elle se mourait d'impatience ! Sur le trottoir, Jonathan l'épousseta en tapotant son corps engourdi. Pas masochiste pour un clou la canadienne en ressentit d'abord un vibrant plaisir ! Mais à la vue d'un attroupement de badauds qui observaient avec jubilation l'érotique scène, la pucelle verdit de honte !

Par chance, Jonathan, le donneur de fessées, arrivait à l'emplacement où était garée sa Mustang. Assise à la place du mort, la canadienne pouvait enfin respirer de bonheur !  

Par grausi
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Mercredi 3 janvier 2007

Pendant que, dans mon bain,  j’initiais mes mains aux percussions aquatiques, ma mère, tenant un récipient de forme arrondie, mimait celle qui avait envie de faire caca… Je ne vous raconte pas les positions exceptionnelles qu’elle innovait pour la circonstance ! J’étais mort de rire ! « Caca ici, Joël ! » répétait-elle avec passion. Quant à moi, à force de battre l’eau, elle avait, quoique terriblement à l’étroit, demandé et trouvé asile dans la baignoire de poche, plus connue sous le nom vulgaire de bidet. A ce sujet, je ne peux passer sous silence, les bulles de détresse que cette pauvre réfugiée fit remonter à la surface. La raison en incombait aux culottes de mes sœurs et aux slips chevronnés de mon paternel qui trempaient, qu’écris-je ? qui macéraient dans un bouillon marécageux ! Non ! Ne croyez surtout pas que j’exagère ! J’en veux pour preuve, le coassement langoureux d’un amphibien qui tenta vainement de se frayer un passage par la fenêtre entrebaîllée de la salle de bain ! 

Ceci étant dit, revenons à mon bain où, par voie de conséquence et selon le fameux principe des vases communicants, seul mon coccyx, pouvait encore prendre part! Et mon acrobate de mère qui s’acharnait sur le récipient. «  Caca ici Joël, caca ici ! » Re- belotait-elle. Houlala ! j’avais compris. C’est qu’elle insistait la pauvre ! Du coup, j’eus envie de le faire, caca cela va de soi, et comme la baignoire vidée de sa vocation première paraissait en mesure de recevoir mon offre d’emploi, je le fis avec complaisance. Là, ma mère tiqua de façon belliqueuse. M’appréhendant par la tête, elle réduisit ma bouche au rôle de simple aspirateur ! Non, non…Surtout n’allez pas croire cela ! Là encore j’affabule, mais quelle sacrée imagination, n’est-ce pas ?

Par G.G LE TRUBLION DE LA POESIE
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Vendredi 5 janvier 2007

   

Au seuil de sa chambre, son cagibi comme il aimait à dire ironiquement à ceux qui y pénétraientClaudio fut pris d’une angoisse indescriptible. Et si la folie avait élu domicile dans sa tête intoxiquée par sa propre confusion ? S’agrippant à son trousseau de clés, il resta là muet devant  sa porte. Combien de temps ? Il le savait ! Il s’était mis en tête de compter…un deux trois…l’ABC de sa raison, n’était-ce point cela ? Non, bien sûr que non ! Il n’était pas fou ! Trente…quarante…cinquante… Pas dément, Claudio ! Soixante…soixante-dix…Et pourtant, désireux d’en finir avec sa lucidité exacerbée, combien de fois n’avait-il pas souhaité devenir fou ? La folie, tout comme le suicide, avait le don de le fasciner ! Le bruit d’une serrure avoisinante désamorça sa torpeur. Instinctivement, il ouvrit sa porte…Le silence avait repris son souffle occulte. Peu convaincu par sa présence qui lui apparaissait surnaturelle, il alluma la télé dont les pouvoirs de répressions intellectuelles n’étaient plus à démontrer. (bien qu’en de rares circonstances, à des heures indues pour le commun des mortels, des émissions culturelles tentaient d’exorciser ce mal bienfaiteur… Rien, non rien au monde ne pouvait troubler ceux qui en tiraient un immuable profit). À cette époque, Claudio était débordant d’inactivités artistiques. Il boudait sa guitare et sa plume d’écrivain. Quant à ses lectures, elles se bornaient à  L’équipe et au  Tiercé-Magazine.  Bonjour la culture ! Il tournait à quatre tiercés par semaine, c’était devenu une drogue. Le syndrome du jeu, quoi ! Un authentique philosophe n’avait-t-il pas écrit cette vérité bien sardonique : « On mesure avec justesse la décadence d’une civilisation par le nombre de jeux que l’esprit ennuyé des hommes enfante grossièrement ! » Bref, le tiercé mais aussi le tarot, taraudaient quotidiennement Claudio.  Bonjour la décadence ! De ses convictions philosophiques, il s’en éloignait au triple galop…

 

 

 

 

Par G.G LE TRUBLION DE LA POESIE
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Vendredi 9 février 2007

 

Enfin, j’atteignis l’âge où l’on devient un peu plus indépendant. Je devais bien avoir trois ans et mon autonomie, à grandes enjambées, se risquait à braver une tripotée d’interdits. Le monde des choses temporelles, qu’auparavant je ne pouvais toucher que du regard, me tendait ses bras. Les dangers aussi ! Comme la ferraille, inexorablement attirée par l’aimant, j’étais très obsédé par ce balcon où, quelquefois ma mère se rendait pour arroser des plantes. Profitant d’un moment de solitude, je m’étais rapproché de cette zone dont on m’interdisait rigoureusement l’accès.

Par simple négligence, la dernière personne qui en était sortie, avait oublié de verrouiller la porte. Avec  conviction, mais à pas feutrés, je traçais mon chemin en direction du lieu tant convoité ! Le palpitant souquait ferme dans ma cage thoracique… Partagé entre jubilation et peur, je posai un pied, puis deux, sur ce balcon.

Là, un majestueux tournesol, sentant ma présence, se détourna du soleil et me fixa de son œil inquisiteur ! Effrayé, j’allai rebrousser chemin, quand un machiavélique courant d’air fit claquer la porte derrière moi. Projeté en avant, je perdis l’équilibre et me retrouvai la tête et une partie du corps, coincées entre des barreaux, avec vue imprenable sur la mer ! J’aime autant vous avouer, qu’à ce moment précis, la Méditerranée, je la voyais minuscule, voire microscopique ! Alors qu’au contraire, l’asphalte, bien campé sur ses positions, dix satanés mètres plus bas, et que le soleil impétueux faisait fondre par endroits (mais pas suffisamment à mon goût !) je le voyais distinctement ! Je l’examinais sous toutes les coutures ! Fourmis, crottes de pigeons, gravillons, traces de pneus, mégots de cigarettes et j’arrête ici, par souci de concision, l’inventaire ! Rien, non rien, ne pouvait échapper à ma vue télescopique !

Bien qu’en fâcheuse posture, je m’en sortis, du moins apparemment, sans trop de bobos. Quelques égratignures témoignaient de mon contact charnel avec ce balcon où j’avais, certes, essuyé une rebuffade. Soit ! Je l’admets, mon saut de l’ange heureusement avorté m’avait procuré une grosse frayeur ! Mais peut-on réellement apprécier la vie sans ce type d’expériences ? J’en doute… Mais trêve de digression philosophique, revenons à la chute de cette histoire.

Pour ne pas tomber sous le coup d’un passage à savon parental, deux impératifs s’imposaient à moi. Primo : me dégager des barreaux. Deuzio : déguerpir de ce maudit balcon ! Le premier accompli, une plus que troublante surprise m’attendait…Culpabilisant sans doute un peu, figurez-vous que le tournesol se pencha délicatement sur moi. Puis, à l’aide de ses pétales rayonnants, il caressa mes écorchures qui, sous le feu de l’action, disparurent !

Ragaillardi par toute cette magie, j’en oubliais mon second impératif ! Une main, fermement accrochée au premier barreau venu, je restais là, une éternité pour moi, à contempler ce tournesol dont l’œil attendrissant m’avait flanqué une méchante frousse ! Nullement inconscient du péril que j’encourais à stationner si près du vide, mon nouvel ami déploya la plus robuste de ses feuilles et la posa sur mes épaules. Ainsi, avec grand tact, il m’éloigna du regard obséquieux de ces fourmis rouges qui, en bas sur l’asphalte, avaient,  en un temps canon, fabriqué une tribune ! Sentant que le spectacle de ma dégringolade allait tomber à l’eau, une escadrille de fourmis, sur ordre de leur sadique reine, prit d’assaut le balcon ! Heureusement, mon valeureux protecteur veillait au grain et la folie destructive de ces fourmis ailées, à grands coups de feuilles, fut, dare-dare, annihilée ! Ainsi, le tournesol m’accompagna jusqu’au pied de la porte où je lui fis, pour sceller notre amitié, de gros câlins. Hélas, peu de temps après, un violent orage de grêle, profitant que ma mère s’abandonnait avec nonchalance dans la baignoire, détruisit à tout jamais notre extraordinaire relation !

Par grausi
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Samedi 10 février 2007

 

 

Le septuagénaire, à défaut de femme, dormait avec sa perruque d’un sommeil lourd et chauvin quand tout à coup, un boucan de tous les diables le réveilla ! Tout ce charivari provenait de la chambre de son voisin le plus proche. Après de maintes mises en garde à travers la cloison bien maigrichonne, le raffut ne semblant pas vouloir s’interrompre, il  téléphona à la sbirice. Puis, à l’écoute de son instinct de survie, sans tambour ni trompette, le délateur s'enferma à quadruple tour.

La sbirice était une unité spéciale composée de sbires qui, à la différence de leurs collègues policiers, utilisaient de bons et gros bazookas à la place des vulgaires pistolets. La méthode de cette brigade consistait à tirer sans sommation sur d'éventuels individus, lieux ou bruits suspects, considérés dangereux pour la tranquillité de l'état. Quand les sbires se pointèrent à l'endroit indiqué, équipés de sonars made in Korea, ils localisèrent l’intempestif bruit. Cela déménageait un max dans la chambre jouxtant celle de monsieur Goldentock. Quoique timoré dans la sienne, il eut quand même le réflexe d’exploser en plein vol la mouche qui désacralisait son silence ! C’est qu’avec cette unité sortant bel et bien des sentiers battus, il valait mieux garder l'anonymat ! La porte, abritant le sas de survie de son voisin, fut bazookée sans cérémonie protocolaire. Ainsi, les sbires éberlués purent découvrir la raison de ce rodéo-bedroom ! Le poste de télévision, à force de marcher, s’était tout bêtement emballé… Apparemment, son maître l’avait laissé tomber. Vérité, on ne peut plus exacte ! Du hublot grand ouvert de la chambre, une forte odeur de suicide s’exhalait… Alors que le poste s’apprêtait à subir le même sort que la porte, l’instinct de conservation lui fit spontanément changer de chaîne ; et là, coup de bol inouï, un spot publicitaire vantant les mérites de la sbirice le tira d’affaire ! Mais l’après-pub lui démontra le contraire… Amen !

Par grausi
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Mercredi 28 février 2007

L’évolution poursuivant son cours, je devins fœtus et là, miracle de la nature, me gavant d’une liqueur des plus raffinées, je sentis pousser en moi comme des branches…

L’univers où je me trouvais, semblait fort restreint et pourtant chaque seconde, je grandissais un peu plus.

A cette époque, je goûtais aux joies de l’apesanteur. J’étais heureux comme un poiscaille dans l’eau. Avec mes petites nageoires, j’écrivais dans le ventre de ma mère. Sans doute, une analyse approfondie de ces hiéroglyphes intra-bidos pourrait-elle aboutir à des révélations plus que surprenantes (d’ailleurs, il faudrait que j’en cause à ma mère, au cas, où elle aurait songé à donner son corps à la médecine… quand l’occasion s’en présentera, bien sûr !)

Le temps passait agréablement. Les saisons apparaissaient n’avoir aucune emprise sur ma vie. Le monde de la nuit me dévoilait tous ses petits secrets. Je connaissais mon territoire par cœur. Ce que mes yeux ne voyaient pas, mes mains le découvraient !

En parlant du monde de la nuit, il me vient à l’esprit que le fœtus d’un bébé et le négatif d’une photo sont tous deux translucides… Mais n’est-ce pas dans le noir le plus absolu, qu’ils se développent ? Voilà je pense, de quoi donner matière à réflexion aux scientifiques de notre monde content pour rien !

Au fil des jours, j’étais devenu un spécialiste du looping, ce qui semblait fort déplaire à ma mère.

D’ailleurs, à ce sujet, une truculente anecdote me rappelle au bon souvenir ! Figurez-vous, qu’ayant fait trois tours sur moi-même, j’avais failli m’étrangler avec ce putain de cordon qu’on prénomme ombilical. Ce cordon, c’était devenu une obsession, mon obsession ! Ce truc bidule chouette, pas de doute, communiquait avec le monde extérieur. Durant un temps que je ne saurais chiffrer, toute mon attention se riva sur lui. Très vite, un jeu s’engagea entre nous.

J’étais pareil au scaphandrier qui tire sur sa corde pour signaler que tutto va bene, pour indiquer s’il en était besoin, qu’il veut remonter… Bref, ces moments de détente auxquels je m’adonnais malicieusement, au bout du compte, incitèrent ma mère à tambouriner sur son ventre, engendrant une musique de type, si je ne m’abuse, africain. Loin de me contrarier, tranquilou, je continuais mon petit bonhomme de chemin. Mais, comme vous le savez, tout a une fin.

Les coups que ma propriétaire assénait, redoublèrent de violence et là, je l'avoue, je dus capituler. La musique devenait hard ! Ce qui me fait penser que je tiens ici, la véritable raison de mon aversion à l’égard de ce genre de musique. Et quand je dis musique, croyez-moi, je suis gentil !

Résigné, je m’orientai vers de nouveaux horizons et en l’occurrence mieux adaptés aux revendications de ma bailleresse !

Par grausi
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Mardi 3 avril 2007

En 2025, Paritown était une gigantesque métropole où s’entassaient, pêle-mêle, pas moins de deux milliards six cents millions kilos de viande humaine. À raison de quatre vingt-dix kilos en moyenne par individu, cela vous donnera une idée plus précise du nombre d’habitants qui la composait.

L’horloge de l’Hôtel de Ville qui, malgré la froidure de l’hiver, encourageait avec toujours autant d’ardeur ses aiguilles dans leur footing intemporel, indiquait 4 heures 25.

Monsieur Goldentock résidait dans un de ces pathétiques « buildingues » (cette nouvelle race de néologismes, en cette période de cocorico-mania aiguë, avait pour dessein la désaméricanisation de la langue française) de la Courvieille, et pour être plus exacte, au 498 étage. Chacun de ces pharaoniques édifices  en disposait de 600.

Ce célibataire endurci, au demeurant, bourreau des cœurs dans sa tumultueuse jeunesse, avait longtemps exercé la profession de coiffeur. Mais à force de couper les cheveux, cela avait fini par lui prendre méchamment la tête ! Victime d’une tyrannique dépression, monsieur Goldentock ne dut son salut qu’à une intervention chirurgicale extrêmement délicate. L’embolisation d’un mauvais moral dans la région la plus complexe de l’âme, c’était une grande première ! Le succès total de cette opération démoralisa grave les dealers de neuroleptiques.

Par grausi
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Mercredi 4 avril 2007

Cette nouvelle tout comme Mémoires d'un bébé, Les restos du cul, La canadienne et Les pompiers de l'apocalypse fait partie du livre de nouvelles Le temps des naselières.

 

  

Le sexe et l’oursin, se regardant en chien de faïence, observèrent, avant l’assaut final, une minute de silence. S’étant enfin mis au diapason, l’oursin en orbite et le plantureux phallus semblèrent, quelque peu, appréhender le moment crucial.

C’est Joëlle qui lâcha les fauves ! De sa main gauche, elle empoigna le pénis de Marcello et le fit disparaître, intégralement, dans son oursin. Sur le coup, Marcello fit une moue dubitative. La prestidigitatrice, à sa grande stupeur, possédait donc une profonde cheminée ! Vu que la Joëlle mesurait à tout casser un mètre-soixante, il ne s’attendait vraiment pas à cela ! Quant à sa verge, guère accoutumée à ne plus voir le jour, elle en fut promptement ébranlée ! En voie de débandaison, elle fut sauvée, in-extremis, par les mouvements circulaires et savamment dosés des hanches de Joëlle. Retrouvant toute sa verve, un  autre péril tout aussi inhabituel, l’attendait au coin du bois. L’éjaculation précoce, comme une épée de Damoclès, lui pendait au nez !

Marcello, suivant au pied de la lettre, les préceptes sexuels de ses ancêtres, prit de grandes bouffées d’air et les expira lentement.

Cet exercice, mille fois éprouvé avec grande réussite, ralentissait, prestissimo, le rythme cardiaque, le grand détonateur de l’éjaculation ! Hélas, pour Marcello, cette méthode fut un coup d’épée dans l’eau… Venu du diable vauvert, l’orgasme fut si violent que ses cuisses archi tétanisées en appelèrent aux crampes ! Tant bien que mal, l’éjaculateur précoce repoussa leurs avances, mais l’une d’entre elles, la morpionne de service, se raccrocha au petit doigt de son pied gauche. L’effet fut immédiat ! Marcello désarçonna sa cavalière qui, tombant à la renverse, s’éprit d’un monumental fou-rire ! Et lui, tout en mettant à la raison, la coriace crampe, s’associa aux éclats de rire de Joëlle !

Par grausi
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OEUVRES

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DU MOI JE À L'EAU DE LA...

Recueil de poèmes paru aux éditions caractères en 1983.

AH ! CES NUITS BLANCHES

QUE L'ON PEINT EN VERS...

Recueil de poèmes paru aux éditions Amadeus en 1986.

       POÈMES MÉTROGÉNIQUES

Recueil de poèmes paru aux éditions Amadeus en 1997.

8 euros frais de  port inclus.

LE TEMPS DES NASELIÈRES

Recueil de six nouvelles paru aux éditions Amadeus en 2007.

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