Sur ce lit naufragé
Où l’espoir se désancre,
À force de rêver
Je m’exile en silence…
Je voudrais naviguer
Par delà cette peur
Qui, pareille au miroir,
Me renvoie ma douleur
Douleur...
Allongé sur le lit
De ma chambre de bonne
Je n’entends que le gris
De la pluie qui résonne.
Je voudrais que l’écho
De mon cri en exil
Dégueule sur cette ville
Qui s’englue dans le faux !
Pour ne plus assouvir
Cette raison qui s’obstine
À branler mon chagrin
Je voudrais m’abêtir
Et ainsi devenir
Le contraire de la vie
C’est-à-dire, m’accrocher
Aux seringues de l’ennui
L’ennui…
Obsédés par le pouls
De leurs fiches de paye
Tous ces gens que je hais
Deviendraient mes amis…
Dans le fond de mon cou
Je n’aurais plus ce cri
Qui me fait tant souffrir,
Qui les fait tant sourire !
À travers le hublot
De ma chambre cachot
Je crois bien qu’un beau jour
J’irai voir dans la cour
Si ce corps fatigué
Que j’ai trop relevé,
Peut briser les barreaux
De cette pluie qui dure
Qui
dure...




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