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Après mon passage à Bobino

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CHANSON

Dimanche 10 décembre 2006



Sur ce lit naufragé

Où l’espoir se désancre,

À force de rêver

Je m’exile en silence…

Je voudrais naviguer

Par delà cette peur

Qui, pareille au miroir,

Me renvoie ma douleur

Douleur...


Allongé sur le lit

De ma chambre de bonne

Je n’entends que le gris

De la pluie qui résonne.

Je voudrais que l’écho

De mon cri en exil

Dégueule sur cette ville

Qui s’englue dans le faux !


Pour ne plus assouvir

Cette raison qui s’obstine

À branler mon chagrin

Je voudrais m’abêtir

Et ainsi devenir

Le contraire de la vie

C’est-à-dire, m’accrocher

Aux seringues de l’ennui

L’ennui…


Obsédés par le pouls

De leurs fiches de paye

Tous ces gens que je hais

Deviendraient mes amis…

Dans le fond de mon cou

Je n’aurais plus ce cri

Qui me fait tant souffrir,

Qui les fait tant sourire !


À travers le hublot

De ma chambre cachot

Je crois bien qu’un beau jour

J’irai voir dans la cour

Si ce corps fatigué

Que j’ai trop relevé,

Peut briser les barreaux

De cette pluie qui dure

Qui dure...


Par grausi
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Jeudi 21 décembre 2006

 

 

 



Dans cette ville où je suis un

Comme un acteur de cinéma,

Quand le moral est au plus bas,

Pour mieux cacher mon désarroi

Je fais semblant d’être quelqu’un

Très sûr de lui parlant toujours

De peur qu’un silence trop sourd

Ne vienne démasquer mon choix.


Dans cette ville où je suis un

Je fais semblant d’être quelqu’un

Qui croit en lui qui croit en tout,

Riant aux gens qui le croient fou !


Dans cette chambre où je suis moi

Comme un vieux clown à son miroir,

Quand Pile, a remplacé Face,

Je dégueule mon désarroi

A ce regard qui chaque soir

Replonge dans cette impasse

Où je suis seul avec mes doutes,

Où je suis seul avec moi-même !


Dans cette chambre où je suis moi

Quand Pile, a remplacé Face,

Je fais pisser mon désarroi

Contre le mur de mon impasse !


Dans ce grand lit où je suis seul

Comme un rêve qui a pris froid,

Quand la peur s’endort sous mon toit,

Je me transforme en cauchemar

Et tremblant comme une feuille

J’en arrive à souhaiter ma mort

Pour ne plus nourrir ce cafard

Que je traîne comme un remords !


Dans ce grand lit où je suis seul

Me vient l’envie d’un doux linceul

Où je pourrais moucher mon corps

Sur cette vie que j’aime encore…


 

Par G.G LE TRUBLION DE LA POESIE
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Samedi 3 février 2007



Dans ce monde content pour rien

On fait du fric en trémiaulant

L'histoire d'une fille qu'a mal aux dents

Ou qui s' plaint d'avoir de gros seins !

Moi je m'ennuie d' ces compassifs

Qu'ont rien compris à la manœuvre

Et qui transforment en or massif

Tous ces fabuleux chier-d'œuvres !


J' suis un anti... antibiotique

Contre la médiocrité !

Mes chansons anti-soporifiques

Sont pourries d' sincérité !


Moi qui suis né avant la mort

Je dois vivre dans l'irréel

Car le présent me donne tort

Et le passé me rend cruel !

De l'avenir, n'en parlons pas...

Bien que mon cœur est persuadé

qu'il marche encore à mes côtés

Je ne sais plus où vont mes pas !


En attendant je bouffe du trome

Dans le frou-frou des corps-fantômes

Qui, la plupart, hantent leur journal

Avec ce regard d'animal

Qui me fait dire que le vautour

A dans ses yeux beaucoup d'amour

Quand il découvre une proie

Qui lui servira de repas !


J'ai le sommeil au bout des yeux

Mais rien à faire il ne vient pas !

C'est l'insomnie qui veille sur eux

Et qui m'oblige à ce combat !

Mais quand la nuit va trébucher

Sous mes paupières ensanglotées

Je me verrai sur ce plancher

Où je rêve de m'obscéner...



Par grausi
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Dimanche 4 février 2007



Du fond de son berceau il me fait des risettes

Qui, filant droit au cœur, ricochent sur mon âme

Et je m'offre en pâture à ses beaux yeux noisette

Où l'Innocence baba s'ouvre à tous les "sésame !"

Chacun de ses sourires fait sonner l'hallali

Sur mon diable d'ego qui a, depuis des lunes

Contre vents et marées, servi de couvre-lit

À cette vie d'artiste me drapant d'infortunes !

 

Du fond de son berceau il me tend ses menottes

Qui, m'empoignant le cœur, libèrent en un clin d'œil

Des larmes prisonnières de mon orgueil despote

Sur lequel à présent je veux bien faire le deuil !

Dans chacune de ses mains foisonnant d'espérances

Je mets au vert les miennes qui se font incendiaires

Allumant avec joie des vœux d' reconnaissance

Sur ces doigts sauvageons aux ongles débonnaires.

 

Du fond de son berceau j'entrevois sa quenotte

La première de ces dames qui s'exhibent au palais !

Mon petit doigt coquin avec bonheur pianote

La farouche incisive toute prête à mordiller !

À chacune de ces dents qui pointera son nez

En t' faisant des misères je donnerai la fessée

Car depuis ta naissance j' me suis réconcilié

À cette vie que j'avais par rancœur délaissé...


 

Par grausi
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Mardi 6 février 2007



À l'heure où la nuit se lève

Quand les poubelles mangent à leur faim

Et que la peur fait le tapin

Dans ces couloirs qui font la manche

Y'a des buveurs de mauvais rêves

Qui prennent en chasse tous ces bouis-bouis

Où l'on s'enivre d'éphémère

Et ce durant toute la nuit.


À l'heure où la nuit se lève

Y'a des buveurs de mauvais rêves

Qui se dessaoulent de leur ennui

En s'enivrant toute la nuit !


À l'heure où la nuit est noire

Quand les poubelles font le trottoir

Et qu' les sans-gites ont mis leur cul

Sur un carton qui n'en peut plus

Y'a des vautours en mal de chair

Qui s'agglutinent dans ces bouis-bouis

Où la tendresse est aux enchères

Et ce durant toute la nuit.


À l'heure où la nuit est noire

Y'a des vautours surexcités

Qui s'agglutinent sur cet espoir

Qui est ouvert aux plus friqués !


À l'heure où la nuit se couche

Quand les poubelles font leurs besoins

Et qu' le métro ouvre ses bouches

À ces wagons qu'ont déjà faim

Y'a des paumés de tout pays

Qui rentrent seuls dans leur cité

Non sans avoir pu s'exciter

Et ce durant toute la nuit.


À l'heure où la nuit se couche

Quand les poubelles font leurs besoins

Y'a des paumés de toutes souches

Qui se retrouvent au petit coin...


Par grausi
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Vendredi 9 février 2007



Il est là dans son coin

Jure qu'il ne comprend point

Et crache quelques vers

Qui lui restent en travers.

Vous êtes attablés

Couchés sur vos assiettes

À déguster les miettes

D'un lapin accablé.


C'est qu'il est fatigué

De clamer dans la rue

Ce chanteur inconnu

Qui vous semble parfois gai.

Et il vous regarde

Comme un chien de garde

Aboyant de ses yeux

Vos sourires ennuyeux !


Et vous le détruisez

Ce poète épuisé

Par votre indifférence

Engraissée d'indigence.

Avec ce bel ennui

Qui habille vos demeures

Vous avez fait de lui


Un petit tas de pleurs !

C'st qu'il est fatigué

De clamer dans la rue

Ce chanteur inconnu

Qui vous semble parfois gai.

Et vous le regardez

Comme des chiens empâtés

Dévorant de vos yeux

Son désespoir heureux !


Alors il s'en va seul

Le visage décousu

Et le cœur bouche cousue

Loin de ce monde veule.

Et vous messieurs dames

Aux appétits infâmes

Où l'ignorance s'insère

Vous en êtes aux desserts !


Mais il est fatigué

De clamer dans la rue

Ce chanteur inconnu

Qui vous semble parfois gai.

Et la grande solitude

Pleine de béatitude

Pareille à une maman

L'enveloppe tendrement... 



Par grausi
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Samedi 10 février 2007



Il a suffi de quelques jours

Pour que ton corps mon bel amour

Trompe l'ennui avec un lit

Portant un homme et son zizi !

Il a suffi de quelques heures

pour que ton corps plein de chaleurs

Trouve un ami plein de bon sens

Pour refroidir ton dernier sens !

Et moi et moi, oui moi l'idiot qui, chaque soir,

Masturbait sa folie dans l'eau de ton miroir !


Il a suffi de quelques jours

Pour que tes mains mon bel amour

Trempent leurs doigts dans l'inconnu

Qui enjambait tes cuisses nues !

Il a suffi de quelques heures

Pour que tes jambes à cent à l'heure

Ouvrent leur cœur à cet intrus

Faisant de moi un bon cocu !

Et moi et moi, oui moi l'idiot qui, chaque soir,

Masturbait ses envies dans l'eau de ton miroir !


Il a suffi de quelques jours

Pour que ta bouche mon bel amour

Tire la langue à ce fantoche

Qui parcourait tes seins de poche !

Il a suffi de trois fois rien

Pour que s'écroule en un coup d' rein

Cet idéal qui ronge mon frein

Et me renvoie à ce refrain !

Et moi et moi, oui moi l'idiot qui, chaque soir,

Masturbait son désir dans l'eau de ton miroir !


Il suffisait de quelques jours

Pour que ton cœur mon bel amour

Batte en retraite avec celui

Qu'était sous le joug de l'ennui !

Il suffisait de quelques heures

Pour que ton âme en mal de sœur

Commette l'inceste avec celui

Qu'était au chevet de la nuit !

Oui moi, oui moi ce bel idiot qui, chaque soir,

Masturbait sa folie dans l'eau de ton miroir !


Par grausi
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Mercredi 14 février 2007



Un jour les gens mourront

D'avoir trop baillé...

Non par manque de sommeil

Mais par overdose d'ennui !

Oui c'est moi qui vous le dis !

Un gamin de vingt ans

Ça n'a pas d'importance

Mais un con de cinquante ans

Ça a de l'expérience !

Et ma sœur elle bat le beurre !


Si on m' demandait à moi

C' que je pense d' la justice

J' répondrais que mon pénis

Quand il jure il est bien plus droit !

Oulala y'a d' la rime dans l'air !

Et tout ce blablabla

Contre l'alcool et le tabac

Ça m' fait pas oublier

Que le mensonge se porte bien...

Lui qui tue par millions !


Et ces chanteurs populaires

Qui souffrent de démagogie !

Et leur manque d'énergie...

Moi ça me fout les nerfs !

Oui je sais, j' suis pas très gentil !

Et toutes ces chiennes de télés

À circuits renfermés

Vont-elles un jour écouter

Les artistes ignorés ?

Oui je sais je viens de me griller !


Moi j' fais pas de politique

J' suis qu'un épileptique !

Mon parti c'est le cœur

Mon programme c'est de vivre !

À votre bon cœur messieurs dames !

Si je chante en vers libres

C'est pour mieux m'évader

De ce monde en roue libre

Où se meurent les idées !

Houlala, j'ai fait fort !


Et pour finir en beauté

Ma chanson de gamin

Tout comme le chat botté

Je continue mon chemin

Par-delà un monde d'ogres !


Par grausi
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Lundi 5 mars 2007



Toi mon enfance, mon petit coin de paradis

De ce présent tu n'as pas su me faire l'ami

Et me voilà recroquevillé sur mon passé

À pleurnicher ces illusions qui m'embrasaient.

Toi mon enfance, tu m'as fait croire à tant de choses

Que mes espoirs d'adolescent étaient grandioses !

J'imaginais que mes désirs les plus ardents

Et les plus fous me souriraient à pleines dents !


Mon enfance ! Mon enfance !

Toi qui fut ma mère, toi qui fut mon père

Et mon seul bonheur...


Toi mon enfance, tu m'as fichu dans de beaux draps

Couleur d'ébène où mes nuits blanches font canevas.

Toi mon enfance, tu m'a signé des rêves en bois

Et dans la place que l'on m'assigne, le noir me broie !

Si j'en suis là, c'est de ta faute et pas la mienne !

J'ai tell' ment cru en tes oracles de bohémienne !

Je t'ai aimé comme les bonbons aiment les enfants

Et toi ma chair, tu m'as fait vivre à contretemps !


Mon enfance ! Mon enfance !

Toi qui fut ma mère, toi qui fut mon père

Et mon seul bonheur...


Quand j'avais mal de n'être qu'un adulte mort-né

Bien trop souvent, je t'ai rejoins par la pensée...

Et toi ma chair, de tous mes maux tu rigolais

Avec ce rire qui me rendait mes dents de lait !

Toi mon enfance, je t'ai mâché comme un chewing-gum

Mais de ton sucre, tu t'es vidée sournoisement

Et dans ma bouche, ce goût amer qu'ont bien des hommes

A remplacé cette douceur d'adolescent...


Mon enfance ! Mon enfance !

Toi qui fut ma mère, toi qui fut mon père

Et mon dernier bonheur...


Par grausi
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Jeudi 24 mai 2007

 

 

 

Tous les soirs il rentrait, bourré, mon père.

Tous les soirs elle faisait la gueule, ma mère.

Tout penaud dans mon coin, j’imaginais le pire

En voyant mes parents ne jamais se sourire.

Sous ma taie d’oreiller, je pleurais mon enfance

Que les ailes de la nuit recouvraient de silence !

 

Tous les soirs elle croquait sa peur, ma pomme.

Et ma mère qui guettait le bruit, d’ la porte.

Allongé sur mon lit, je maudissais ces bars

Où j’allais le traquer, quand il se faisait tard.

Dans les bras de la haine, je berçais ma colère

Injuriant cet alcool qui détruisait mon père !

 

Certains soirs, il rentrait à jeun, mon père

En jurant qu’il ne boirait plus d’alcool.

Moi qui étais naïf, je croyais au miracle

En écoutant mon père déclamer ces paroles.

Sa promesse en cristal, il voulait la tenir

Mais comme ses mains tremblaient, elle tombait en soupir...

 

Tous les soirs il rentrait, bourré, mon père.

Tous les soirs elle faisait la gueule, ma mère.

Blotti contre la nuit, je cherchais à comprendre

Pourquoi donc mes parents restaient-ils mariés ?

À mes cordes vocales, j’aurais aimé les pendre

Pour qu’ils entendent ce cri, que j’ai tant étranglé…

 

Par grausi
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Recueil de poèmes paru aux éditions caractères en 1983.

AH ! CES NUITS BLANCHES

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Recueil de poèmes paru aux éditions Amadeus en 1986.

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Recueil de poèmes paru aux éditions Amadeus en 1997.

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Recueil de six nouvelles paru aux éditions Amadeus en 2007.

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